Communiqués

Des organismes du territoire de la MRC de Roussillon sonnent l’alarme sur la gravité de la crise du logement 
30 mars 2021

Des organismes du territoire de la MRC de Roussillon sonnent l’alarme sur la gravité de la crise du logement 

Châteauguay, le 30 mars 2021 – Des organismes de la MRC de Roussillon sonnent l’alarme sur la gravité de la crise du logement dans la région et invitent les élu-es de tous les paliers de gouvernement à faire du logement un grand chantier territorial.

La flambée du prix des logements et le manque de logements sociaux sont au cœur d’une crise sans précédent dans l’histoire de la MRC de Roussillon, la plus populeuse au Québec avec près de 200 000 habitants. Un rapide survol des sites d’annonces de logements à louer confirme brutalement la situation.

« La capacité d’avoir un toit digne de ce nom est une condition essentielle à une qualité de vie minimale, ce qu’espèrent toutes les familles et les personnes seules, quel que soit leur statut social. Les groupes communautaires ne peuvent passer sous silence cette réalité et sont à même de constater les conséquences de cette crise », déclare Virginie Bernier de la Corporation de développement communautaire Roussillon.

L’été dernier, une ligne d’urgence a été tardivement mise en place, sans grands moyens ni publicité. Malgré cela, quelque 80 ménages différents y ont fait appel dans l’espoir d’obtenir de l’aide. On y a retrouvé une majorité de femmes, dont beaucoup issues de l’immigration récente. « Il était difficile d’entendre le désarroi de ces femmes, souvent mère, avec des salaires annuels de 40 000 $ pour qui aucun logement n’était disponible à l’exception de 41/2 à 1 200 $ par mois non chauffé ! », rappelle Bertrand Loiselle, de l’OMH de Châteauguay, qui était responsable du service.

Stéphane Moreau, du Comité logement Rive-Sud, est aux premières loges pour constater les
conséquences de la situation du logement locatif dans la région. Selon lui, « on peut prévoir que des centaines d’autres citoyennes et citoyens, en majorité des femmes, verront leurs conditions de vie se détériorer dramatiquement dans les prochains mois ».

Pour Martin Bécotte de la Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie (FROHME), « il faut s’attarder à l’impact sur l’économie locale et la pénurie de main d’œuvre de l’explosion du prix des loyers et des maisons dans la MRC. En plus de leur drame personnel, l’étau des loyers élevés réduit les dépenses des ménages dans l’économie locale et les commerces de proximité et fait exploser les demandes dans les banques alimentaires. Diriger ces ménages vers les banques alimentaires et nous encourager à donner généreusement est devenu le plan de lutte à la pauvreté des ÉluEs du Québec et du Canada et la norme, alors que cela devrait être l’exception. Dans son dernier budget, le gouvernement du Québec a clairement choisi de protéger la rareté et les prix élevés des loyers plutôt que les femmes et la mixité et l’abordabilité des logements ».

Les trois paliers de gouvernement ont un rôle à jouer pour faire face à cette crise, qui ne connaît pas de frontière municipale. Les problèmes de la MRC débordent même sur les villes avoisinantes, plus éloignées de Montréal, favorisant ainsi l’étalement urbain, et les coûts importants que cela implique pour l’ensemble de la société.

Nous devons nous attendre à l’aggravation de la crise du logement dans les prochains mois. Mais à court terme, des mesures peuvent être prises comme :
– Mettre sur pied un comité de mesures d’urgence avec de réels moyens financiers et opérationnels et un engagement des acteurs de la communauté : ligne d’urgence, aide à la recherche de logement, soutien aux ménages, hébergement temporaire, aide au déménagement et à l’entreposage des biens, etc.;
– Susciter l’adhésion des villes au Programme de supplément au loyer d’urgence de la SHQ;
– Soutenir financièrement et de manière adéquate l’Auberge du cœur L’Élan des Jeunes;
– Assurer la pérennité du Refuge Grands-Froids;
– Permettre la réalisation du projet de 26 logements réservés aux personnes itinérantes ou à risque de l’être de la FROHME;
– Soutenir de nouveaux projets d’hébergement pour les femmes victimes de violence.

« La surveillance de la qualité et de la salubrité du parc locatif, ainsi que la limitation de la conversion des logements locatifs et des reventes rapides seraient de très bonnes et efficaces mesures que les municipalités pourraient prendre », indique Stéphane Moreau.
À terme, la construction de logements sociaux est impérative dans la région, comme le souligne Elie Gravel, coordonnateur au GRT Rive-Sud. Pour cela, « les trois paliers de gouvernements peuvent et doivent effectuer des investissements majeurs et recourir aux différentes mesures législatives possibles, comme la création de réserves foncières et l’inclusion de logements sociaux dans les nouveaux développements. Une politique d’habitation à l’échelle de la MRC permettrait d’assurer une cohérence territoriale dans la mise en place des solutions structurantes ».

Déçus des minces investissements en logement annoncés dans le dernier budget provincial, les organismes anticipent l’aggravation de la crise dans les semaines à venir, avec son lot de drames humains. Dans les 18 prochains mois, des élections auront lieu aux trois niveaux de gouvernements. Nous espérons que soit accordée à la question du logement toute l’attention qu’elle mérite. Pour cela, les organismes communautaires et en logements sociaux de la région convient les élu-es des trois paliers de gouvernement à un Grand chantier sur le logement social dans la MRC de Roussillon.

Le gouvernement du Québec finance ses propres engagements passés au détriment de nouveaux projets
24 mars 2021

Le gouvernement du Québec finance ses propres engagements passés au détriment de nouveaux projets

Châteauguay-Sherbrooke-Montréal – le 24 mars 2021 | Le 27 octobre 2020, le gouvernement du Canada annonçait un programme d’Initiative pour la création rapide de logement doté d’un budget de 1 milliard et 500 millions pour les groupes communautaires. Les intéressés disposaient de 62 jours pour déposer des demandes.

L’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (Alliance MH2), Les Habitations l’Équerre de Sherbrooke et La Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie (FROHME), ont saisi cette occasion d’un premier programme de développement de logement sociaux simple proposé en 35 ans et déposé des projets qui répondaient parfaitement aux exigences et priorité du programme soit : être en mesure de livrer des logements permanents avant le 31 mars 2022 destinés aux personnes prioritairement itinérantes, aux femmes, aux personnes autochtones ou aux personnes racisées.

Le 22 janvier, les gouvernements du Canada et du Québec annonçaient, en pleine crise de l’application du couvre-feu envers les personnes itinérantes, le transfert de 115 millions du volet communautaire du programme d’Initiative pour la création rapide de logement au gouvernement du Québec. Cette annonce évoquait de «nouveaux» investissements et le financement de 54 projets Accès-Logis qui avaient déjà été votés et réservés en ce sens à l’Assemblée nationale dans les budgets antérieurs.

À la mi-mars, les groupes communautaires ont vu leur projet refusé par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Ce transfert de fonds du gouvernement fédéral vers le gouvernement provincial pour rembourser des engagements et des dépenses budgétés par le gouvernement du Québec à la suite de luttes citoyennes importantes est une claque au visage du milieu communautaire. Le milieu a déposé des projets de bonne foi dans le programme fédéral et y a investi du temps et des sommes considérables, dénoncent les organismes. Cette décision aura aussi un impact direct pour les personnes vulnérables.

Le projet de la FROHME s’il avait été accepté, aurait permis de mettre sur le marché 26 logements le 1er juillet 2021 sur la rive sud de Montréal où plusieurs refuges d’urgences ont dû ouvrir cet hiver. L’organisme avait même conclu une entente avec les services sociaux de Kahnawake pour assurer le soutien communautaire des locataires issus de la communauté autochtone et 5 unités leur étaient réservées. Selon la FROHME, 20 personnes itinérantes sont sur la liste d’attente d’un organisme de Châteauguay, faute de logements disponibles dans le marché privé, et ce, malgré la disponibilité de 16 subventions pour payer une partie des loyers de ces personnes dans le marché privé.

Le projet des Habitations l’Équerre consistait à ajouter 12 chambres pour femmes à l’offre actuelle. Les maisons de chambres représentent souvent la dernière solution avant la rue et la première option pour en sortir.  Ce projet se voulait une solution permanente à un enjeu récurrent auquel la communauté sherbrookoise fait face, en l’occurrence le manque de chambres abordables et sécuritaires destinées aux femmes. D’autre part, il n’existe aucune maison de chambres réservée aux femmes à Sherbrooke, alors que les femmes en situation de précarité financière font partie de l’une des couches les plus vulnérables de la population.

Une maison membre de L’Alliance MH2 avait déposé un projet qui devait offrir les premières unités en adaptation universelle en 2e étape sur l’île de Montréal. « Dans le climat actuel où les féminicides en contexte conjugal se multiplient, où 6 femmes ont perdu la vie en 1 mois et demi au Québec, faisant 13 orphelins, il est consternant de voir ce projet tomber à l’eau. Si notre membre ne trouve pas d’alternative de financement d’ici 3 mois, elle va perdre le terrain qui était réservé à cet effet. Et on sait qu’à Montréal, c’est une denrée très rare. » souligne Gaelle Fedida, coordonnatrice aux dossiers politiques à l’Alliance MH2. Les maisons d’hébergement de 2e étape offrent des services aux femmes présentant les plus hauts risques d’être victimes d’un homicide conjugal, cependant les taux de refus pour les demandes admissibles à Montréal s’élèvent à 75%. Le projet en question devait offrir des services culturellement adaptés aux femmes à statut migratoire précaire, qui, malgré la forte vulnérabilisation qu’elles affrontent, tombent souvent dans des vides de services. C’est notamment le cas pour les unités financées par le provincial.

Un projet de 10 unités conçu pour les personnes âgées de Sainte-Julie et une initiative, projetée à Trois-Rivières et visant la création d’un service d’accueil pour nouveaux immigrants et la réalisation de 12 unités d’habitation, ont également essuyé un refus. Tous ces projets ont reçu un fort appui des organismes communautaires, municipalités et bureaux de députés des deux paliers de gouvernement.

Les groupes communautaires nommés aujourd’hui – un échantillon des groupes qui ont déposé des projets et qui ont essuyé un refus – ont appris il y a 10 jours que leurs projets étaient tous refusés. La SCHL refuse de dire combien de projets ont été acceptés au Québec, ce qui n’est absolument pas transparent de leur part. En date d’aujourd’hui, un seul projet issu du milieu communautaire ayant été accepté par la SCHL a été rendu public. Il se réalisera dans les communautés cries, ce qui réjouit les organismes communautaires.

Selon Martin Bécotte, directeur de la FROHME, c’est une perte de 115 millions en nouveaux investissements en logement social que vivent les Québécois, et surtout les Québécoises, en pleine crise du logement.

Les trois organismes demandent au gouvernement du Québec de soutenir leur projet via les 115 millions obtenus par la SCHL dans le cadre de son récent programme, afin de permettre de réaliser ces logements, en plus de ceux déjà annoncés par le gouvernement du Québec dans ses budgets passés.

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Source :

Vicky Croisetière, chargée de communication et sensibilisation, Alliance MH2 
438-356-2100 | communication@alliancemh2.org

Demande d’entrevue :

Martin Bécotte, directeur, FROHME (FR)
514 531-9249 | martin.becotte@frohme.org

Denise Godbout, directrice, Habitations L’équerre inc. (FR)
819 346-0889 | habitations.lequerre@videotron.ca

Gaëlle Fedida, coordonnatrice aux dossiers politiques, Alliance MH2 (FR/EN)
514-706-99 | coordopolitique@alliancemh2.org

 

Des personnalités publiques connues au téléphone avec les personnes aînées
4 février 2021

Des personnalités publiques connues au téléphone avec les personnes aînées

Châteauguay, le 4 février 2021 – Plusieurs personnalités ont accepté de participer à des conférences téléphoniques de 30 à 45 minutes avec les personnes aînées isolées et confinées qui habitent dans les OSBL d’habitation en Montérégie et en Estrie. Au programme : Pierre Curzi, Marie Tifo, Angèle Coutu, Marina Orsini, Vincent Bilodeau, Lise Dion et France Castel…et le recrutement se poursuit.

Les membres fédérés par notre organisme logent dans leurs logements sociaux et communautaires plusieurs personnes âgées autonomes. Confinées pour la plupart seules à leur logement, plusieurs d’entre elles souffrent d’une grande solitude. Malgré l’orchestration de plusieurs activités en ligne, nous avons dû constater que plusieurs personne ne possèdent pas l’équipement ou les compétences nécessaires pour profiter pleinement de ce type de divertissement.  

C’est dans ce contexte que nous organisons une série d’entrevues par conférences téléphoniques entre nos locataires âgées et des personnalités connues et aimées de ceux-ci. Les personnes ciblées et priorisées sont les personnes âgées qui n’ont pas accès aux technologies numériques et qui ont seulement un téléphone pour communiquer avec leur communauté depuis les débuts de la pandémie.

Le projet est rendu possible grâce au soutien financier de la députée de Châteauguay, Mme MarieChantal Chassé, qui a contribué à la hauteur de 1 500 $ et à la ministre de la Culture, Mme Nathalie Roy, qui a bonifié la somme de 500 $.

Les renseignements détaillés au sujet de la tenue des conférences téléphoniques, prévues les mardis matin à 10 h, ont été envoyé à tous les membres de la Fédération régionales des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie qui logent des personnes âgées. Les personnes intéressées doivent s’inscrire en nous appelant au 438 502-0279 pour obtenir les codes des appels conférences et les détails de l’activité.

Le directeur de la FROHME, Martin Bécotte, discute avec le premier ministre Justin Trudeau
29 janvier 2021

Le directeur de la FROHME, Martin Bécotte, discute avec le premier ministre Justin Trudeau

A titre de membre du conseil d’administration de l’Élan des jeunes, une Auberge du cœur de sa communauté, notre directeur Martin Bécotte a discuté avec le premier ministre Justin Trudeau par vidéoconférence, cet après-midi.

Cette rencontre à laquelle participait également la directrice de l’Élan, Marie-Pier Gendron et le secrétaire de l’organisme, Bertrand Loiselle, faisait suite à l’annonce d’un financement de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) pour la rénovation de la maison de l’Élan des jeunes.

Elle a permis à M. Bécotte de sensibiliser le premier ministre, mais aussi les députées de Châteauguay-Lacolle et de Sherbrooke, respectivement Brenda Shanahan et Elisabeth Brière, également présentes, sur l’urgence d’augmenter le financement public pour la construction de logement sociaux. Il a également pu rappeler l’injustice de l’aide publique à l’habitation entre les propriétaires privés et les locataires au Canada, en plus de faire valoir que les politiques d’habitation du gouvernement étaient systématiquement sexistes et racistes.

Le directeur de la FROHME a salué l’initiative pour la création rapide de logements puisque c’est le premier programme concret, depuis le lancement de la Stratégie nationale sur le logement, qui permet de réaliser des logements réellement abordables pour les personnes à faible revenu. L’objectif de livrer les logements rapidement, en 1 an, est très approprié et les organismes communautaires ont démontré leur besoin en déposant plus de projets qu’il n’y a de budgets disponibles.

« Nous souhaitons que l’Initiative pour la création rapide de logements soit reconduite dans le prochain budget et qu’elle devienne un programme récurrent. Elle devrait être élargie pour permettre l’acquisition de logements abordables dans le marché privé », a-t-il ajouté.

Cet élargissement permettrait d’éviter la spéculation et de perdre des logements actuellement abordables alors qu’on investit pour en construire de nouveaux. Il faudrait également s’assurer, si l’Initiative est reconduite, que les nouveaux budgets soient exclusivement consacrés à la réalisation de nouvelles unités de logement, et non en compensation de budgets déjà annoncés. Dans les faits, les sommes accordées par la SCHL remplacent celles de la Société de l’Habitation du Québec (SHQ) qui avaient déjà été prévues par le gouvernement du Québec il y a quelques années. C’était une des craintes du milieu communautaire que les sommes octroyées par le fédéral viennent remplacer les sommes budgétées par Québec en logement social.

La Fédération souhaite plutôt qu’elles s’additionnent afin de sortir de cette crise pour le bien-être et la santé des canadiens.

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Information complémentaire

Des politiques d’habitations systématiquement sexistes et racistes ?

Le gouvernement du Canada soutient les propriétaires privés et les banques en se portant garant de 1000 milliards en garantie hypothécaire, en plus de verser annuellement 7 milliards aux propriétaires privés de façon régressive, alors que le soutien aux ménages locataires se limite à 5 milliards par année.

Cette forme d’aide favorise les ménages les plus riches en plus d’être discriminatoire envers les femmes et les personnes racisées, plus souvent locataires.

Les femmes propriétaires et chef de ménages gagnent un salaire moyen de 20 000 $ inférieur à celui des ménages menés par des hommes, disposant d’une capacité plus limitée de posséder un bien immobilier ou possédant des biens immobiliers de moindre valeur, recevant ainsi moins de soutien public.

On retrouve le même déséquilibre au sein des politiques d’habitation du gouvernement du Québec, entre autres par la réduction des taxes scolaires qui représente le double de dépenses du soutien au logement.

En 2008, le gouvernement du Canada a versé 114 milliards d’aide aux banques afin de prévenir la chute du marché hypothécaire et des banques. La stratégie nationale sur le logement prévoyait l’investissement de 12 milliards entre 2017 et 2028.

 

 

13 octobre 2016

Participation de la Fédération des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie à la consultation pour mettre en place une Stratégie nationale sur le logement

Châteauguay, le 13 octobre 2016 – La Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie participait hier avec des membres à la consultation publique pour mettre en place une Stratégie nationale sur le logement à l’invitation des députés libéraux fédéraux et de l’honorable Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social. La Fédération a félicité les élus sur les différentes consultations publiques qu’ils ont tenues depuis leur élection. Dans ces interventions, la Fédération a fait un constat de la situation du logement en Montérégie et au Canada et proposé des solutions aux profits des 20% de la population canadienne qui est mal logée.

En Montérégie, 22 180 ménages locataires paient plus de 50% de leurs revenus pour se loger et 8 125 ménages vivent dans un logement surpeuplé. Au Québec, 75 000 ménages paient plus de 80% de leurs revenus pour se loger. Cette situation a des impacts négatifs importants sur l’économie du Canada, la santé des familles, l’éducation des enfants et leur épanouissement ainsi que sur les coûts des services sociaux et de sécurité publique.

La Fédération a mentionné aux élus que la manière la plus économique et durable de loger ces ménages était la construction de logements sociaux. La Fédération a rappelé que 80% des organismes sans but lucratif d’habitation en Montérégie pourront, pour plusieurs décennies soutenir les ménages à faibles revenus en offrant des logements de qualité et abordables bien que le gouvernement ne les soutienne plus financièrement. La mission de ces organismes n’étant pas de faire des profits ou de spéculer sur des gains financiers de leurs immeubles, contrairement aux promoteurs privés qui demandent d’être financés par le gouvernement libéral de Justin Trudeau afin d’offrir des logements abordables.

Pour la Fédération, le rôle du gouvernement est d’assurer le droit au logement des Canadiens et non de financer le secteur privé. Les suppléments aux loyers demandés par les promoteurs privés auront pour effet d’augmenter la valeur des immeubles et de conséquemment accélérer la hausse des prix pour tous les autres locataires. Pour la Fédération, le gouvernement n’a pas à financer des gains privés et à enrichir une minorité, mais doit permettre la construction et l’achat d’immeubles pour les organismes sans but lucratif et les coopératives. La Fédération a rappelé que les 3 milliards de $ de dépenses en logement abordable devaient être investis à 100% dans des organisations sans but lucratif étant donné que le marché privé était déjà soutenu par 8,5 milliards de $ en crédits d’impôt et 967 milliards de $ en assurance prêt hypothécaire et soutien aux banques de la SCHL. Ce soutien a grandement contribué à l’augmentation des prix du marché immobilier et des coûts de logement. Le directeur de la Fédération a soutenu qu’un cinquième de ce soutien en financement direct et prêt de la SCHL aux organismes sans but lucratif de logement permettrait de loger avec dignité les 20 % des Canadiens mal logés et de mettre fin à l’itinérance.

Alors que le gouvernement Fédéral s’apprête à investir 120 milliards en infrastructure pour les 10 prochaines années, le Directeur du Réseau Québécois des OSBL d’habitation et président de L’Association canadienne d’habitation et de rénovation urbaine, Stéphane Corriveau a mentionné que la proportion de logements sociaux est passée de 10 à 4,7% au canada depuis 1994 et demandé un engagement du ministre afin que le gouvernement investis les sommes nécessaires et mette en place les mécanismes financiers conséquent afin de fournir des logements sociaux aux 20% de canadiens mal logés tout en prévoyant que la population Canadienne doublera d’ici 20 ans. Le ministre a demandé d’entendre tous les point de vu d’ici le 21 octobre avant de se prononcer.

Monsieur Bertrand Loiselle directeur de l’Office municipale de Châteauguay a mentionné que tous les pays d’Europe, de gauche ou de droite et même les États-Unis avaient en proportion le double de logements sociaux que le Canada. Selon lui, ces pays ont saisi l’importance pour le développement économique que les gens utilisent une plus grande portion de leurs revenus pour consommer des biens courants et la réduction des coûts collectifs associés aux logements dispendieux et insalubre.

La Fédération a rappelé des solutions économiques pour les Canadiens afin de rénover le parc actuel de logements sociaux et la construction de nouveaux tel qu’avancé par le Réseau québécois des OSBL d’habitation. Le Réseau a proposé de mutualiser l’équité des immeubles et les réserves des organismes dans des placements et de lever des Fonds pour la construction de logements sociaux par des obligations garanties par le gouvernement ce qui permettrait de réduire grandement les coûts de financement des logements abordables.

Le directeur de la FROHME, Martin Bécotte a également interpelé le ministre Jean-Yves Duclos en se disant très inquiet que le ministre ouvre la porte à l’entreprise privée dans l’intervention en itinérance selon un article de La Presse du 26 septembre 2016. Il a demandé au ministre si il l’avait l’intention d’utiliser l’approche conservatrice d’émissions de bons à impacts sociaux. Le ministre a répondu que le financement s’adressait principalement aux organismes communautaire et sans but lucratif et que contrairement à la couverture du journal La Presse il n’avait pas l’intention de recourir aux bonds à impact sociaux.

Pour la Fédération, si le gouvernement recourait à cette approche, celle-ci laisserai les Canadiens vivants de grandes difficultés sans soutien collectif tout en augmentant les coûts pour les finances publiques.

Depuis plusieurs décennies, les gouvernements provinciaux et fédéraux financent des organismes communautaires afin qu’ils interviennent sur des problématiques telles que l’itinérance. Avec des coûts de gestion minimes, ces organismes interviennent auprès de Canadiens vivants des difficultés complexes et multiples dans une approche globale dont les résultats sont difficilement quantifiables. Souvent, ces personnes vivent des difficultés dont les solutions dépassent leur responsabilité individuelle. Par exemple des personnes vivant dans une région où le taux de chômage est élevé, l’accès à des marchés alimentaires et logements abordables est inexistant.

La vente de bons à impacts sociaux causerait de sérieux problèmes éthiques en plus d’être inefficace et couteuse. Le mécanisme proposé est que des entreprises privées financent des politiques sociales et des organismes communautaires suite à une entente avec le gouvernement. Dans le cas où l’entreprise atteint les résultats négociés, l’État rembourse l’entreprise en plus d’un rendement. Afin d’attirer ces investissements, les résultats doivent être réalistes et mesurables.

Cette approche demanderait de catégoriser les bénéficiaires et de simplifier leurs difficultés à des données binaires. Elle mènera les entreprises à laisser tomber des personnes dont les difficultés sont trop grandes pour être rentables. L’absence du soutien pour ces Canadiens entrainera d’importantes augmentations de coûts en santé et sécurité publique.

Au coût du rendement, il faudra ajouter les sommes nécessaires à l’évaluation et la vérification des rendements contre dividendes. L’Ontario qui mène actuellement deux projets pilotes a embauché une firme indépendante afin de valider les résultats. De plus, à notre connaissance aucune analyse scientifique ne vient valider l’efficacité de cette approche pour les personnes ciblées et la réduction des coûts pour l’État.

Aux États-Unis, les projets en cours sont financés par Goldman Sachs et Morgan Stanley, deux banques à l’origine de la crise économique dont les conséquences ont causé beaucoup d’itinérance et de problématiques sociales.

Nous avons rappelé que les entreprises canadiennes possèdent 700 milliards de $ de liquidités et que selon nous, le financement de politiques sociales doit se faire par la perception d’impôts et un système de redistribution de la richesse.

De plus, les sommes attribués par le gouvernement aux organismes sans but lucratif sont investies à 100 % dans les services aux Canadiens. Ce sont des organisations créées et soutenues par des millions de bénévoles qui ensemble trouvent des solutions durables pourvu que l’on soutienne leur action par des programmes structurants et durables, comme la construction de logements sociaux.

Si le gouvernement canadien avait choisi il y a trente-cinq ans de soutenir les Canadiens mal logés par des mesures temporaires comme les suppléments au loyer dans le marché privé ou les bons à impact sociaux, le Canada serait privé aujourd’hui de 600 000 unités de logements sociaux et abordables. Cette absence aurait des impacts catastrophiques sur les finances publiques. Nous pouvons également penser que le nombre d’itinérants serait actuellement beaucoup plus élevé.

Des témoignages éclairants aux audiences de la Commission populaire pour l’Action communautaire autonome en Montérégie
20 novembre 2015

Des témoignages éclairants aux audiences de la Commission populaire pour l’Action communautaire autonome en Montérégie

Châteauguay, 20 novembre 2015 – Une soixantaine de personnes œuvrant dans des groupes d’action communautaire autonome de la Montérégie participaient aux audiences de la Commission populaire pour l’action communautaire autonome ce mercredi 18 novembre à Carignan.

Les commissaires Christian Vanasse, auteur, humoriste et membre des Zapartistes, Caroline Meunier du Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec et Claudine Laurin du Réseau québécois des OSBL d’habitation du Québec, ont entendu les témoignages éclairants d’une quinzaine de groupes d’ACA, provenant de différents secteurs d’intervention.

Martin Bécotte de la Fédération des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie a ouvert la Commission en révélant que le secteur communautaire et de l’économie sociale avait des impacts économiques supérieurs pour le Québec que le secteur minier et pétrolier, représentant 9 fois plus d’emplois.

« Alors que le gouvernement espère des retombées fiscales de 2,2 milliards de dollars avec le Plan Nord d’ici l’année 2035, celui-ci s’apprête à y investir 1,339 milliard de dollars d’ici 2020, soit 133 000 $ pour chacun des 10 000 emplois qu’il espère créer. En comparaison, le maintien de chacun des 159 000 emplois dans le secteur communautaire et de l’économie sociale coûtera au gouvernement 28 899$ d’ici l’année 2020. Ces montants semblent une aubaine pour la création d’emploi par rapport au 588 000 $ investi pour chacun des 1700 emplois de la Cseries. Les emplois créés par le secteur communautaire ne demandent pas de lourds investissements en infrastructure et développement de services à la population et nos travailleurs paient eux leurs impôts au Québec, pas dans les paradis fiscaux.»

Les organismes ont par la suite mis en lumière les impacts positifs de leur travail dans la société. « Je constate l’incroyable contribution des groupes communautaires à la société. Votre rôle est méconnu et mériterait d’être davantage souligné et partagé à l’ensemble de la population » a commenté M. Christian Vanasse, commissaire, en s’adressant aux participant-es.

Les groupes ont rappelé qu’un financement adéquat, stable et récurrent est essentiel pour leur permettre de pleinement remplir leur mission, reconnue par le gouvernement.  « La liste des impacts du sous-financement chronique et de la non-indexation est longue. Vos témoignages évoquent l’incapacité de répondre aux besoins criants, les mises à pied temporaires et définitives des travailleuses et travailleurs, le précieux temps investit dans la recherche de financement et dans la reddition de comptes. Le non-respect de la Politique de reconnaissance et de soutien de l’action communautaire par le gouvernement atteint réellement l’autonomie des organismes » a déclaré Mme Caroline Meunier.

Parmi les éléments marquants des témoignages, deux femmes ayant résidé à la Re-Source, une maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, ont témoigné que l’organisme leur avait littéralement sauvé la vie, mais que d’année en année, le groupe peine à boucler leur budget, à cause de l’indexation du financement en deçà du coût de la vie.

Également, une représentante des organismes famille a souligné l’absurdité d’une Fondation Chagnon qui se paient des publicités à la télévision sur des principes d’éducation parentale, alors que les organismes familles font ce type d’intervention depuis 40 ans sans une juste reconnaissance du ministère de la Famille et aucune indexation de leur financement depuis 10 ans. Ces situations obligent les organismes à dépenser une énergie importante à des activités d’autofinancement pour offrir des services par et pour la collectivité, alors que le gouvernement soutient des fondations privées, comme celle du Docteur Julien, sans reddition de compte publique, qui viennent dédoubler les services offerts par les organismes dans les communautés.

Un organisme en environnement a témoigné n’obtenir aucun financement public malgré les engagements de la Politique de reconnaissance et de soutien de l’action communautaire et dit ne plus pouvoir prendre position sur les politiques gouvernementales afin de garder son droit d’émettre des reçus de charité.

Les mesures d’austérité accentuent cette situation qui perdure depuis plusieurs années. « Les orientations politiques du gouvernement augmentent la détresse des citoyens et citoyennes et ont des conséquences dramatiques pour les gens que vous aidez et défendez, on n’a qu’à penser au projet de loi 70 sur la réforme de l’aide sociale » a mentionné Mme Claudine Laurin.

Héritage Saint-Bernard, un autre groupe environnemental, a d’ailleurs témoigné avoir aboli deux postes en éducation suite aux annulations d’activités pédagogiques des écoles de la région, qui elles aussi subissent les mesures d’austérité et n’ont plus les moyens d’offrir ces sorties aux élèves. « Une activité pédagogique importantes afin d’inculquer aux élèves des valeurs de développement durable, pour certains élèves c’est une première sortie dans un milieu naturel » disaient leurs représentants.

Les participant-es ont conclu la journée en rappelant l’importance de demeurer solidaires et mobilisés pour poursuivre les revendications. Une œuvre collective a d’ailleurs été créée afin de souligner, à travers l’histoire, les luttes auxquelles a participé le mouvement communautaire.

Rappelons que la Commission populaire pour l’ACA a été mise sur pied par le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA). La tenue de ces audiences n’est qu’une étape dans le cadre de la campagne Action communautaire autonome : Actions gouvernementales exigées du RQ-ACA. D’autres actions sont à prévoir afin d’interpeler les député-es de la région et le gouvernement du Québec sur la précarité dans laquelle se réalise le travail des organismes d’ACA, et ce, principalement dû au manque de financement adéquat.

 

Pour plus de détails sur la campagne : www.mobilisationaca.com

Pour information : 514 531-9249 info@frohm.org

11 novembre 2015

Une Commission populaire pour l’Action Communautaire Autonome en Montérégie!

Châteauguay, 10  novembre 2015 – Les groupes d’action communautaire autonome de la Montérégie tiendront des audiences mercredi le 18 novembre prochain, de 9h à 16h, à la salle multifonctionnelle de Carignan (1555, rue de l’École), dans le cadre de la Commission populaire pour l’action communautaire autonome (ACA).

Les commissaires Christian Vanasse, auteur, humoriste et membre des Zapartistes, Caroline Meunier du Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec et Claudine Laurin du Réseau québécois des OSBL d’habitation du Québec, agiront à titre de commissaire et entendront les témoignages des groupes communautaires.

Les organismes mettront en lumière les impacts positifs de leur travail dans la société, mais également les difficultés rencontrées par le manque de reconnaissance et le sous-financement chronique. « Le non-respect du gouvernement de la Politique de reconnaissance et de soutien de l’action communautaire restreint la capacité des groupes à intervenir dans la communauté et nuit au développement de nouveaux organismes en réponse à de nouveaux besoins dans la communauté  » expliquent Martin Bécotte et Josée Harnois, répondants régionaux pour l’événement. Ils citent en exemple L’Élan des jeunes de Châteauguay, une Auberge du cœur qui accueille les jeunes itinérants depuis 2011, sans financement de base, dans une région en forte croissance où avant la mise sur pied de l’organisme, les jeunes en difficulté étaient déracinés de leur milieu et allaient grossir le nombre de jeunes dans les refuges de Montréal. « Le gouvernement doit respecter ses engagements, tel que le stipule la Politique, et placer les organismes communautaires au centre des pratiques sociales québécoises, reconnaître leur rôle dans le développement social et économique du Québec tout en maintenant leur autonomie et leur pouvoir d’initiative » ajoutent-ils.

Un financement adéquat, stable et récurrent est essentiel pour permettre aux groupes de pleinement remplir leur mission, reconnue par le gouvernement.  Les deux répondants régionaux ajoutent que tous les arguments du gouvernement pour justifier son investissement dans Bombardier et augmenter la dette du Québec s’appliquent au mouvement communautaire. Le financement supplémentaire du 345 millions demandé, en plus de nous permettre de venir en aide à des millions de Québécois-es, créerait 30 000 emplois et des retombées fiscales de 80 millions  au Québec et non dans les paradis fiscaux, selon notre analyse d’une note de la Direction de la recherche du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, intitulée « L’importance économique de l’action communautaire et bénévole au Québec ».

Cette commission fait écho aux revendications qui ont mené aux deux jours de grève du milieu communautaire les 2 et 3 novembre dernier. L’événement fait partie d’une campagne à l’échelle du Québec, Action communautaire autonome – Actions gouvernementales exigées, initiée par le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA). Une œuvre artistique collective et interactive relatant la force des luttes du mouvement d’ACA dans l’histoire prendra forme durant l’activité.

Pour plus de détails sur la campagne : www.mobilisationaca.com

Pour information : Martin Bécotte / 450-201-0786 / martin.becotte@frohm.org

Martin Bécotte

Directeur FROHME

10 mars 2015

Unis pour le logement social et communautaire

La Fédération québécoise des municipalités et les acteurs de l’habitation sociale et communautaire demandent à Québec de reconduire le programme AccèsLogis.

Dans une sortie sans précédent, les grandes organisations municipales ainsi que les regroupements représentant l’ensemble des secteurs coopératif, de l’économie sociale et du milieu de l’habitation social et communautaire, ont demandé d’une seule voix au gouvernement du Québec de reconduire et de financer adéquatement le programme AccèsLogis, dans le prochain budget du Québec.

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