Ce n’est pas le cas du logement privé dont le but premier est d’accumuler de l’argent et cela, souvent au détriment des conditions du logement et de la capacité de payer de ses locataires. Les logements sociaux, pour leur part, ont souvent l’avantage d’être mieux adaptés aux besoins de certaines personnes et d’offrir des services de soutien particuliers. De plus, leurs locataires peuvent exercer un contrôle plus important sur leur milieu de vie et améliorer leur qualité de vie, car en consacrant moins d’argent au loyer, il reste plus d’argent pour les autres dépenses, comme la nourriture, les vêtements et les loisirs.

Il existe trois formes de logement social :

  • Les HLM (habitations à loyer modique) représentent la formule la plus connue. Elles appartiennent au gouvernement du Québec et sont gérés par des offices municipaux d’habitation qui, eux, sont chapeautés par la Société d’habitation du Québec. Il en existe pour les personnes âgées mais aussi pour les familles et les personnes seules. Tous les ménages habitant en HLM consacrent 25 % de leur revenu au logement plus certains services. On compte 65 000 logements HLM au Québec. Ce sont les associations de locataires de HLM qui permettent une implication de ces derniers, pour défendre leurs intérêts auprès des instances mentionnées ci-haut.
  • Les coopératives d’habitation sont gérées par leurs membres. Ainsi, on demande aux locataires de participer à la gestion de leur immeuble. Les loyers y sont inférieurs au prix du marché et une partie des locataires paie 25 % de leur revenu pour leur logement, plus certains services. Il existe environ 22 000 logements coopératifs au Québec.
  • Les OSBL (organismes sans but lucratif) d’habitation sont gérés par un conseil d’administration composé de gens du milieu, incluant de plus en plus les locataires. Les coûts de logement sont similaires à ceux des coopératives. Ces logements ont traditionnellement été mis sur pied pour des personnes avec des besoins particuliers : personnes itinérantes, ex-psychiatrisés, femmes victimes de violence, personnes âgées en perte d’autonomie, etc. Il existe environ 30 000 logements OSBL au Québec.

Ces différents modèles de logements répondent à différents types de besoins et d’aspirations, ainsi qu’aux différents degrés de volonté ou de possibilité de s’impliquer dans son milieu de vie.

La formule que nous défendons et que nous privilégions comme mode de fonctionnement est celle des organismes sans but lucratif (OSBL), d’habitation et ce, pour diverses raisons. Tout d’abord, ce mode administratif permet la participation des membres et des locataires aux décisions concernant leur immeuble. De plus, le modèle OSBL s’inscrit dans ce qu’il est convenu d’appeler le développement du capital social. Il constitue souvent le point de départ d’une démarche d’empowerment c’est-à-dire, une démarche de changements fondée sur une approche de liens d’entraide, de solidarité et d’apprentissage de la vie démocratique.

La FROHME considère donc que, lorsque c’est possible, les locataires sont les mieux placés pour prendre les décisions concernant leur milieu de vie. C’est pourquoi il est important, selon nous, que les locataires demeurent majoritaires sur le conseil d’administration. La formule OSBL permet aussi l’implication d’acteurs de la communauté. L’avantage pour les groupes de bénéficier de l’appui d’une personne extérieure pour animer, arbitrer et proposer des solutions dans une perspective de respect et d’entraide entre les membres, est d’apporter un élément d’objectivité à la gestion des immeubles, en plus de soutenir l’approche de prise en main. La FROHME peut fournir à ses groupes cette personne extérieure. Les actions des intervenants de la FROHME confirment leur adhésion d’œuvre de façon totale, dans le sens d’une intervention pratique pour le seul bénéfice des personnes.